Etude des Effets du Changement Climatique sur la Riziculture Intensive à Bocozelle, 5ème Section Communale de Saint-Marc de 2019-2020
Mots-clés :
riziculture, changement climatique, décentralisation, équité, résilienceRésumé
La riziculture constitue une activité agricole essentielle dans la cinquième section communale de Saint-Marc, mais elle évolue dans un contexte de vulnérabilité croissante aux changements climatiques. Cette étude vise à analyser la double relation qui unit la filière rizicole et le dérèglement climatique, en examinant tant les effets subis par cette culture que sa contribution propre au phénomène. L’analyse révèle que plusieurs pratiques inhérentes à la filière, notamment les opérations d’amélioration du riz, le brûlage des déchets de récolte et les mécanismes de décorticage, participent à l’aggravation des effets climatiques. La riziculture se trouve ainsi placée entre l’enclume et le marteau, dans la mesure où elle porte en elle le germe susceptible d’amplifier les perturbations qu’elle subit. À partir de ce diagnostic, la recherche propose trois principes directeurs destinés à orienter des actions concrètes à moyen et à long terme. La décentralisation, reconnue par la Constitution haïtienne, repose sur le transfert de compétences de l’État vers les collectivités locales, jugées les mieux placées pour relever les défis climatiques territoriaux. L’équité appelle une attention soutenue à l’égard des femmes, dont l’implication dans le vannage, le séchage, l’amélioration et la vente accroît l’exposition à la vulnérabilité climatique. La responsabilité souligne enfin que, face à un phénomène mondial, l’État haïtien, par ses directions communales, doit renforcer la participation des collectivités aux mesures d’adaptation et de résilience. En conclusion, l’étude plaide pour une approche territorialisée, équitable et responsable de l’adaptation de la riziculture, seule à même de concilier viabilité agricole et préservation environnementale dans le contexte haïtien.