Analyse de la conduite d’élevage cunicole à Ternier, deuxième section communale de la commune de La Vallée de Jacmel : impact sur le bien-être animal et la productivité.
Mots-clés :
Lapin, Gestion sanitaire, HaïtiRésumé
En Haïti, dans la commune de La Vallée de Jacmel, précisément à Ternier (deuxième section communale), les éleveurs cunicoles font face à des contraintes majeures qui freinent le développement de la production. Ces difficultés ont des impacts économiques, sociaux et environnementaux. Vu la situation actuelle, on se pose des questions sur la conduite d’élevage cunicole, car l’ignorance ou la mauvaise application des pratiques et techniques qui y sont liées peut entraver la production. Ainsi, réaliser une étude portant sur l’analyse de la conduite d’élevage cunicole à Ternier constitue une étape indispensable pour proposer des recommandations en vue d’assurer le bien-être animal et optimiser la productivité.
Pour réaliser cette étude, deux (2) méthodes de collecte des données (enquête formelle et observation non participante) et deux (2) outils (questionnaire et grille d’observation) ont été utilisés. Quatre-vingt-quinze (95) éleveurs sur (cent vingt-sept (127) ont été enquêtés, soit environ 76 %. L’échantillon a été réparti proportionnellement dans 18 localités constituant la base de sondage afin de garantir une représentation équitable.
Une hypothèse a été énoncée en vue de vérifier si les pratiques et techniques de la conduite d’élevage cunicole à Ternier ne sont pas conformes aux principes du bien-être animal et s’ils contribuent à une faible productivité. En conséquence, l’analyse des résultats permet de déduire que 84,52 % des éleveurs utilisent des clapiers grillagés inadaptés et que les dimensions des cages sont inadéquates pour 54,41 % des éleveurs. L’alimentation repose uniquement sur du fourrage sans complément ni prise en compte du stade physiologique de l’animal. 61,46 % des éleveurs ne donnent jamais d’eau aux lapins. Le croisement entre lapins apparentés est pratiqué par 65,46 % des éleveurs et seuls 19,34 % respectent le nombre recommandé de mises-bas par an en prenant en compte des conditions d’élevage. Sur le plan sanitaire, seuls 12,28 % nettoient leurs cages quotidiennement, alors que 65,84 % présentent de mauvaises odeurs et 56,76 % une forte infestation de parasites ou de mouches. 71,98 % des éleveurs ne font appel au vétérinaire qu’en cas de maladie, sans aucune démarche préventive. La gale et la myxomatose sont les deux maladies qui sont plus liées aux constats de la majorité des éleveurs. Par ailleurs, à partir de ces résultats, l’hypothèse est vérifiée et des recommandations sont proposées.